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10 juin 2016

Ode à la Pluie

Ode à la pluie

 

La froideur d’un soleil livide

séchait les larmes de mes yeux.

Scrutant le fade ciel vide

Je me cachais au fond des cieux.

 

J’attendais Mars et goutte à goutte

coulaient les jours sur mes années,

coulaient aussi avril, mai, août

sur la rosée des fleurs fanées.

 

Vibrant les cimes des Tilleuls,

le vent enfin versa l’ondée,

et quand on fit de Ra le deuil,

les Saules vinrent à pleurer.

 

Bénies, les fines gouttes firent

en cadence clapoter Terre,

et ruisseler jusqu’au nadir

les souillures de tout l’hiver.

 
 

Délivrance, idéal crachin.

Je pus quitter les apparences

et raffiner mon doux chagrin

pour n’en garder que les essences.

 

De bruine fine en pluie plus drue,

de gouttelettes en gros grains,

mon humeur se fit plus ardue,

mes sentiments plus souverains.

 

Enfin le divin Ouranos,

sensible à mon amour déviant,

me fit pleuvoir toute une noce :

Hallebardes et diamants.

 

J’allai ravi sous cette averse,

m’engouffrant dans l’odeur du vent,

et me croyant le roi des Perses,

je déchaînai les éléments.

 

Mais trop instable est ce refuge,

mon règne ne dura longtemps,

j’aurais préféré un déluge :

Hallebardes et diamants.

 

Julien Perrin 20/06/98

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