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05 août 2016

Saurais-tu me mener à ta forêt sauvage

Saurais-tu me mener à ta forêt sauvage

Ou simplement parfois daigner m’y inviter,

Tu es en cet endroit l’unique paysage

Qui saurait activer ma curiosité.

 

Saurais-tu quand mon corps est vidé de sa flamme

Et qu’il fond en torpeur, cadavre anesthésié,

De ta grave, suave et douce voix de femme

Titiller mon cerveau hors de son oreiller.

 

Saurais-tu quand mon cœur broie le plus sombre noir

Allumer la bougie de mon amour soufflée

Et réchauffer un peu le si frisquet manoir

Qu’est ma tête apathique où sombrent mes idées.

 

Saurais-tu quand mon âme, au Léthé, du poison

Qu’est ce monde cruel s’est sans cesse abreuvée,

A mes sens évanouis redonner l’illusion

De vivre encore un peu dans un conte de fées.

 

Saurais-tu quand ma vie n’est plus qu’une prison

Dont tu es les barreaux et moi le prisonnier,

Pour m’évader enfin vers d’autres horizons

T’effacer tel l’hiver au réveil printanier.

21/07/98

22:02 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forêt, flamme, lethé, prison | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27 juin 2016

Quatrains perdus I

Cebélénos, vosges, soleil, course, sources, oiseaux matin, le soleil avait repris sa course

Et les oiseaux chantaient encore,

Comme avant les eaux coulaient, limpides, aux sources

Toujours, tout était en accord.

 

12:50 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bélénos, vosges, soleil, course, sources, oiseaux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19 juin 2016

Mon Assonance

Quand le vent de loin dévale

Sans silence et sans entrave

Du haut de son grand nuage,

Quand druement sème la grêle

Sur nos têtes et nos rêves

De douceur et fines neiges,

Quand la tempête est virile

Plus qu’une salve d’ogive

Et que le tonnerre exige

Que plie et pleure le saule

Et qu’au fond de vos alcôves

Vous buviez verveine et sauge.

Moi j’apprête ma virgule,

Savourant la froide étuve

Qu’est ce délicieux déluge.



Julien Perrin, août 1998

00:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : assonance, druement, pluie, grele, sauge, saule, virgule, étuve, ogive, virile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10 juin 2016

Ode à la Pluie

Ode à la pluie

 

La froideur d’un soleil livide

séchait les larmes de mes yeux.

Scrutant le fade ciel vide

Je me cachais au fond des cieux.

 

J’attendais Mars et goutte à goutte

coulaient les jours sur mes années,

coulaient aussi avril, mai, août

sur la rosée des fleurs fanées.

 

Vibrant les cimes des Tilleuls,

le vent enfin versa l’ondée,

et quand on fit de Ra le deuil,

les Saules vinrent à pleurer.

 

Bénies, les fines gouttes firent

en cadence clapoter Terre,

et ruisseler jusqu’au nadir

les souillures de tout l’hiver.

 
 

Délivrance, idéal crachin.

Je pus quitter les apparences

et raffiner mon doux chagrin

pour n’en garder que les essences.

 

De bruine fine en pluie plus drue,

de gouttelettes en gros grains,

mon humeur se fit plus ardue,

mes sentiments plus souverains.

 

Enfin le divin Ouranos,

sensible à mon amour déviant,

me fit pleuvoir toute une noce :

Hallebardes et diamants.

 

J’allai ravi sous cette averse,

m’engouffrant dans l’odeur du vent,

et me croyant le roi des Perses,

je déchaînai les éléments.

 

Mais trop instable est ce refuge,

mon règne ne dura longtemps,

j’aurais préféré un déluge :

Hallebardes et diamants.

 

Julien Perrin 20/06/98