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19 août 2016

S’il se met à pleuvoir...

S’il se met à pleuvoir...

 

 

 

S’il se met à pleuvoir, alors je sortirai

nu dans mon habit noir et seul je marcherai,

j’irai le vent de face et sans me retourner

je resterai de glace et les cheveux trempés.

Quoi de plus agréable que la déchéance

de rester à la pluie en toute conscience

et de mouiller sa peau de la liqueur astrale,

de prendre au grès des eaux la douche cérébrale.

S’il pleut plus fort encor, si le vent bat en plein,

me dénudant le corps je lèverai les mains

offrant un rituel aux ondes féeriques,

j’adorerai ce ciel aux rythmes anarchiques.

Quoi de plus vivifiant que de laver ses sens

à la fureur du vent en toute confiance

et de noyer sa haine où les autres ne vont,

épongeant leur migraine au fond de leur maison.

21/06/98

19 juin 2016

Mon Assonance

Quand le vent de loin dévale

Sans silence et sans entrave

Du haut de son grand nuage,

Quand druement sème la grêle

Sur nos têtes et nos rêves

De douceur et fines neiges,

Quand la tempête est virile

Plus qu’une salve d’ogive

Et que le tonnerre exige

Que plie et pleure le saule

Et qu’au fond de vos alcôves

Vous buviez verveine et sauge.

Moi j’apprête ma virgule,

Savourant la froide étuve

Qu’est ce délicieux déluge.



Julien Perrin, août 1998

00:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : assonance, druement, pluie, grele, sauge, saule, virgule, étuve, ogive, virile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10 juin 2016

Ode à la Pluie

Ode à la pluie

 

La froideur d’un soleil livide

séchait les larmes de mes yeux.

Scrutant le fade ciel vide

Je me cachais au fond des cieux.

 

J’attendais Mars et goutte à goutte

coulaient les jours sur mes années,

coulaient aussi avril, mai, août

sur la rosée des fleurs fanées.

 

Vibrant les cimes des Tilleuls,

le vent enfin versa l’ondée,

et quand on fit de Ra le deuil,

les Saules vinrent à pleurer.

 

Bénies, les fines gouttes firent

en cadence clapoter Terre,

et ruisseler jusqu’au nadir

les souillures de tout l’hiver.

 
 

Délivrance, idéal crachin.

Je pus quitter les apparences

et raffiner mon doux chagrin

pour n’en garder que les essences.

 

De bruine fine en pluie plus drue,

de gouttelettes en gros grains,

mon humeur se fit plus ardue,

mes sentiments plus souverains.

 

Enfin le divin Ouranos,

sensible à mon amour déviant,

me fit pleuvoir toute une noce :

Hallebardes et diamants.

 

J’allai ravi sous cette averse,

m’engouffrant dans l’odeur du vent,

et me croyant le roi des Perses,

je déchaînai les éléments.

 

Mais trop instable est ce refuge,

mon règne ne dura longtemps,

j’aurais préféré un déluge :

Hallebardes et diamants.

 

Julien Perrin 20/06/98